Le ghusl est une grande ablution légiférée en islam, obligatoire dans certaines situations pour retrouver un état de pureté rituelle. Pour les femmes, il revêt une importance particulière, notamment en lien avec les règles naturelles liées au cycle féminin. Ce rituel purificateur est bien plus qu’un simple lavage : il est un acte d’adoration qui conditionne la validité de nombreuses obligations religieuses, comme la prière ou le jeûne.
Comment effectuer le ghusl pour la femme ?
Le ghusl se divise en deux types : le ghusl minimal (mujzi’), qui lève l’impureté de manière valide, et le ghusl complet (kāmil), qui suit la pratique du Prophète ﷺ et permet d’acquérir davantage de récompenses.
Voici les étapes du ghusl complet pour la femme :
- Formuler l’intention dans le cœur (niyyah).
- Dire « BismiLlāh » (recommandé).
- Laver les mains trois fois.
- Laver les parties intimes avec la main gauche.
- Faire un woudou’ complet comme pour la prière.
- Verser trois fois de l’eau sur la tête, en massant bien jusqu’aux racines.
- Laver le corps en commençant par le côté droit, puis le gauche.
- Terminer par les pieds si non lavés avant.
Il est aussi recommandé, surtout après les menstruations, de frotter vigoureusement les cheveux et d’utiliser un tissu parfumé au musc sur la zone intime, comme enseigné dans le ḥadīth d’Asma’ bint Abi Bakr.
En cas d’impossibilité, il reste permis de se contenter du ghusl minimal : faire parvenir de l’eau sur l’ensemble du corps, y compris la bouche et le nez.
Quelles situations obligent la femme à refaire le ghusl ?
Voici les principaux cas dans lesquels le ghusl devient obligatoire pour la femme :
- Après la menstruation (ḥayd)
- Après les lochies (nifās)
- Après un rapport intime (même sans éjaculation)
- Après un rêve érotique accompagné d’écoulement
- Après une conversion à l’islam (selon certains savants)
- Après un accouchement, même sans saignement prolongé
Dans toutes ces situations, le retour à un état de pureté légale nécessite le ghusl, sans quoi certaines pratiques rituelles comme la prière, le jeûne ou le toucher du Coran ne sont pas autorisées.
Quelle différence entre le ghusl de janābah et celui des menstrues ?
Il n’y a pas de différence majeure entre le ghusl de janābah et celui du hayd (menstrues), à l’exception du frottement accentué des cheveux dans le second cas et l’usage de parfum pour éliminer les odeurs.
Selon un ḥadīth rapporté par Muslim (332), Asmā’ a demandé au Prophète ﷺ comment accomplir le ghusl après les règles. Il répondit :
« Que l’une d’entre vous prenne de l’eau et du jujubier, se purifie soigneusement, verse de l’eau sur sa tête et la frotte vigoureusement jusqu’aux racines, puis verse de l’eau sur tout son corps. Ensuite, qu’elle utilise un tissu parfumé avec du musc pour se purifier. »
