Une gêne qui s’installe, une fatigue que rien n’explique, ou simplement le désir de se mettre sous la protection d’Allâh : nombreux sont ceux qui pensent alors à la roqya, sans trop savoir par où commencer. Pourtant, la roqya sur soi-même est un trésor à la portée de chacun — sans cheikh, sans amulette, sans intermédiaire douteux. À condition de la faire comme l’a enseigné le Prophète ﷺ.
- La roqya est une guérison par la parole d’Allâh, à la portée de tous.
- Trois conditions : parole d’Allâh, langue comprise, conviction que seul Allâh guérit.
- Méthode : Fâtiha, Âyat al-Kursî, al-Ikhlâs, al-Falaq, an-Nâs, puis souffler.
- À éviter : amulettes, prénom de la mère, charlatans, nombres inventés.
- Roqya et médecine se complètent.
Que dit le Coran sur la guérison ?
Avant tout, rappelons d’où vient la guérison. Allâh — Très-Haut — dit :
وَنُنَزِّلُ مِنَ الْقُرْآنِ مَا هُوَ شِفَاءٌ وَرَحْمَةٌ لِّلْمُؤْمِنِينَ
« Nous faisons descendre du Coran ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants. » [Sourate al-Isrâ’ : 82]
Le Prophète ﷺ se traitait-il lui-même ?
Oui, et c’est là notre meilleur modèle. ‘Â’icha — qu’Allâh l’agrée — rapporte qu’il récitait sur lui-même les sourates protectrices et soufflait [al-Bukhârî n°5016]. Mieux encore, la Fâtiha est elle-même une roqya : un Compagnon guérit un homme par sa seule récitation, et le Prophète ﷺ l’approuva [al-Bukhârî n°5736].
Les 3 conditions d’une roqya valable
L’imam Ibn Hajar — rahimahu-Llâh — rapporte le consensus des savants : la roqya doit se faire par la parole d’Allâh, Ses noms ou Ses attributs ; en arabe ou dans une langue comprise ; et avec la certitude qu’elle n’agit que par la permission d’Allâh. (Fath al-Bârî, Kitâb at-Tibb.)
Cet article résume l’essentiel. Pour la méthode complète — versets, invocations, traitements et erreurs réunis dans un seul support clair et sourcé :
- les versets et invocations de roqya (arabe + français)
- les traitements légiférés : mauvais œil, sorcellerie, waswâs
- les protections du matin et du soir
- les erreurs et pratiques douteuses à éviter
- le tout sourcé : Coran, Sunna et paroles des savants
Comment faire la roqya, étape par étape ?
- Tournez votre cœur vers Allâh seul, en Lui demandant la guérison.
- Posez la main sur la poitrine ou à l’endroit de la douleur.
- Récitez la Fâtiha.
- Récitez Âyat al-Kursî (al-Baqara : 255).
- Récitez al-Ikhlâs, al-Falaq, an-Nâs (trois fois chacune).
- Soufflez légèrement dans vos mains, puis passez-les sur le corps.
- Renouvelez matin et soir, avec constance et confiance.
- Inventer des nombres ou des formules sans fondement.
- Porter des amulettes, talismans ou « ta‘wîdh » suspendus.
- Consulter un « raqi » qui réclame le prénom de la mère ou s’adresse aux djinns.
- Croire que le récitant guérit par lui-même.
- Délaisser les soins médicaux par excès de confiance.
Questions fréquentes
Peut-on la faire sans cheikh ?
Oui, et c’est même préférable : c’est ainsi que faisait le Prophète ﷺ.
Combien de fois réciter ?
Aucun nombre n’est imposé ; on récite avec sincérité et régularité.
Peut-on faire la roqya sur de l’eau et la boire ?
Oui, plusieurs savants l’ont permis. Mais sans en faire une obligation, ni un commerce ou un rituel fixe.
À lire aussi
- Quels versets réciter pour la roqya ?
- Le mauvais œil : signes, protection et traitement
- 7 erreurs de roqya à éviter absolument
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- les versets et invocations de roqya (arabe + français)
- les traitements légiférés : mauvais œil, sorcellerie, waswâs
- les protections du matin et du soir
- les erreurs et pratiques douteuses à éviter
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Sources & références exactes
- Cheikh Ibn Bâz — « Sifat ar-ruqya ash-char‘iyya », fatwa n°18771 (binbaz.org.sa)
- Cheikh Ibn Bâz — « Que dit celui qui veut se faire roqya lui-même ? », fatwa n°2283 (binbaz.org.sa)
- al-Bukhârî n°5016 — le Prophète ﷺ se traitait par les mu‘awwidhât (sunnah.com)
- al-Bukhârî n°5736 — la Fâtiha est une roqya (sunnah.com)
- Ibn Hajar, Fath al-Bârî, Kitâb at-Tibb (t.10) — référence imprimée
« Au nom d’Allah, je me fais une Rouqyah contre tout mal qui me touche et contre le mal de tout être ou le mauvais œil de l’envieux. Qu’Allah me guérisse. »
Cheikh ʿAbd al-ʿAzîz ibn Bâz — Rouqya, remèdes et traitements, chapitre 13
C’est précisément l’invocation que prononce celui qui se soigne lui-même. Pour la méthode légiférée complète — invocations prophétiques, sourates protectrices (al-Fâtiha, al-Ikhlâs, al-Falaq et an-Nâs) et règles à respecter —, retrouvez l’ouvrage du Cheikh Ibn Bâz dans notre édition.
