dayouth

Le “dayouth” en islam : un fléau moral grave

Dans un monde où les repères familiaux et religieux sont de plus en plus malmenés, il devient essentiel de rappeler certaines notions fondamentales de l’éthique islamique.
Parmi elles : le concept du “dayouth” – un mot qui désigne un homme dont le cœur est devenu insensible à l’honneur de ses proches, au point de tolérer les pires immoralités.

Mais qu’est-ce qu’un dayouth exactement ?
Et pourquoi les textes de l’islam mettent-ils en garde si sévèrement contre ce comportement ?

Qu’est-ce qu’un dayouth en islam ?

Le dayouth est, selon les textes et les savants de l’islam, un homme qui accepte la turpitude et la corruption morale dans son foyer :
il tolère que sa femme, sa sœur, sa fille ou ses proches féminines se livrent à des actes honteux sans éprouver de gêne, sans intervenir, sans se sentir concerné.

Il peut aller jusqu’à encourager le mal, ou même en tirer profit matériellement,
Cela qui en fait un pêcheur majeur, au regard des textes et de la jurisprudence islamique.

À l’inverse de la ghayrah – la jalousie protectrice vertueuse, louée par le Prophète ﷺ –,
la dayouthiyya est une forme de laxisme moral abject, une perversion du cœur qui tue la foi.

Comme l’a dit le Messager d’Allah ﷺ, rapporté dans les deux Sahîh :

« Certes, Allah éprouve de la jalousie, et le croyant aussi. Et la jalousie d’Allah, c’est que le croyant commette ce qu’Allah lui a interdit. »

Les textes de la Sounnah sur le dayouth

De nombreux hadiths évoquent explicitement le dayouth et le mettent en garde contre le sort terrible qui l’attend :

Dans le Musnad d’Ahmad, le Prophète ﷺ a dit :

« Trois personnes sont interdites d’entrer au Paradis : le buveur invétéré, celui qui désobéit à ses parents, et le dayouth – celui qui approuve la turpitude chez les siens. »

Dans une autre version rapportée par An-Nasaï, Al-Hâkim et Al-Bayhaqî, il est dit :

« Trois ne rentreront pas au Paradis, et Allah ne les regardera pas le Jour du Jugement : celui qui désobéit à ses parents, la femme qui s’assimile aux hommes, et le dayouth. »

Ces textes montrent avec force que le dayouth n’est pas simplement fautif,
mais qu’il fait partie des personnes maudites, dont les péchés sont si graves qu’ils les excluent du Paradis, sauf repentir sincère.

L’absence de ghayrah mène à la dayouthiyya

Le dayouth n’est pas forcément celui qui accepte explicitement la fornication.
Mais toute complaisance avec les désobéissances qui y mènent entre dans une forme de dayouthiyya.

Ainsi, tolérer que sa famille regarde des films immoraux, écoute des musiques obscènes, fréquente des milieux mixtes sans retenue, ou banalise l’indécence dans l’habillement ou le comportement, c’est ouvrir la porte à la déchéance morale.

Que disent les savants sur le dayouth ?

Les plus grands imams ont parlé de ce fléau moral avec fermeté et clarté :

  • Ibn Manzûr :

« Le dayyouth est celui qui ne ressent aucune jalousie pour les siens. »

  • Al-‘Alî al-Qârî :

« Le dayyouth, c’est celui qui se tait en voyant la turpitude s’installer chez sa femme ou ses proches. »

  • At-Tayyibî :

« Il voit chez elles ce qui devrait l’indigner, et pourtant il ne réagit pas. »

  • Ibn Hajar al-Haytamî, dans Az-Zawâjir, range la dayouthiyya parmi les péchés majeurs,
    et cite Jalâl al-Balqînî :

« C’est une grande turpitude, sans contestation. »

Le statut juridique du dayouth

D’après les écoles shaféite et hanbalite, le dayouth est considéré comme :

  • un fâsiq (pervers notoire),
  • une personne dont le témoignage est irrecevable,
    car il tolère sciemment la turpitude dans son foyer,
    ce qui fait de lui un danger moral pour la société.

Une maladie du cœur… et de la religion

Le grand savant Ibn al-Qayyim résume ainsi :

« Le fondement même de la religion, c’est la ghayrah. Celui qui n’en a pas… n’a pas de dîn. »

Il explique que cette jalousie protectrice :

  • Protège le cœur,
  • Protège les membres,
  • Écarte les péchés majeurs,
  • Préserve l’honneur des familles.

Mais si cette ghayrah disparaît, c’est le cœur qui meurt, et avec lui, la conscience du bien et du mal.

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